Entreprendre sans mettre sa maternité entre parenthèses

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Devenir mère ne signifie pas forcément vouloir ralentir, mettre son ambition professionnelle en pause ou couper avec son entreprise.

C’est précisément ce que raconte Marie Godefroy-Martin, fondatrice d’Ayada Barcelona. Son parcours questionne une idée encore très ancrée : celle selon laquelle une jeune mère devrait naturellement avoir envie de se consacrer entièrement à son bébé pendant les premiers mois.

Marie, elle, raconte autre chose. Après son accouchement, elle a eu envie de retravailler très vite. Non pas parce qu’elle aimait moins son enfant, mais parce que son travail faisait aussi pleinement partie de son équilibre et de son identité.

Ayada Barcelona : transformer une intuition en marque

L’histoire d’Ayada Barcelona commence bien avant la maternité de Marie.

Passionnée depuis longtemps par les bijoux, elle s’inspire notamment de pièces anciennes et de monnaies trouées découvertes en Espagne. Peu à peu, cette fascination devient un univers de marque.

Avec Ayada Barcelona, Marie imagine des bijoux symboliques, pensés comme des objets que l’on garde, que l’on transmet et auxquels on associe une histoire personnelle.

La création devient progressivement un véritable projet entrepreneurial.

Et lorsque son entreprise prend de l’ampleur, elle ne représente plus seulement une activité professionnelle : elle devient aussi une part importante de son quotidien et de son identité.

Avoir envie de travailler après son accouchement

Marie affronte sans détour le tabou qui entoure l’envie de reprendre vite le travail après l’accouchement, à rebours d’une société qui attend souvent des mères qu’elles mettent leur vie professionnelle entre parenthèses. Ce tiraillement intérieur montre bien comment le « premier bébé » d’une entrepreneuse , son projet, son engagement , se confronte à la réalité des nouvelles responsabilités maternelles. Elle évoque sans filtre la pression sociale et les non-dits qui jalonnent cette gestion du double impératif, révélant toute la difficulté émotionnelle du cumul.

Passer constamment d’un univers à l’autre fait ressortir le manque de reconnaissance profonde pour ces expériences partagées

La création des médaillons symboliques par Marie prend racine dans son vécu personnel : pour elle comme pour d’autres femmes, l’accomplissement professionnel peut devenir un exutoire thérapeutique aussi bien qu’un besoin fondamental d’expression. Passer constamment d’un univers à l’autre fait ressortir le manque de reconnaissance profonde pour ces expériences partagées et ouvre la voie à une vision renouvelée du double rôle mère-entrepreneuse.

Quand l’entrepreneuriat fait partie de l’identité

Pour une entrepreneure, la frontière entre vie personnelle et vie professionnelle peut être particulièrement floue.

Une entreprise n’est pas toujours un simple emploi que l’on quitte le soir en fermant son ordinateur. Elle peut être un projet construit pendant plusieurs années, une source de créativité, un espace d’accomplissement personnel.

Pour Marie, Ayada Barcelona existait déjà comme une partie importante de sa vie avant qu’elle ne devienne mère.

Le témoignage de Marie met également en lumière une forme de culpabilité dont on parle encore peu : celle que peuvent ressentir les femmes qui aiment profondément leur travail après être devenues mères, alors même que la société valorise de plus en plus les parcours ambitieux, l’entrepreneuriat et l’accomplissement professionnel féminin.

Une fois devenues mères, une autre attente vient pourtant parfois se superposer à la première : celle de devoir naturellement placer la maternité au-dessus de tout le reste, comme si l’envie de travailler, de créer ou simplement de retrouver une partie de sa vie professionnelle devenait soudain plus difficile à assumer.

Dire que son entreprise nous manque, que l’on a envie de retravailler rapidement ou que l’on apprécie parfois de passer du temps loin de son bébé peut alors susciter une forme de malaise ou de culpabilité. Marie défend au contraire une vision beaucoup plus libre de la maternité, dans laquelle il est possible d’aimer profondément son enfant tout en continuant à aimer son métier, d’être pleinement heureuse d’être devenue mère tout en ayant envie de préserver une vie professionnelle intense. Ces envies ne s’opposent pas : elles peuvent coexister et faire partie d’une même identité.


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